Présentation du rapport annuel 2004 de la Banque nationale

2005-02-23

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1. Le contexte mondial et européen

L'économie mondiale a connu en 2004 son taux de croissance - estimé à environ 5 % - le plus élevé des trente dernières années. Les principaux foyers de cette forte activité ont été les États-Unis et les économies émergentes d'Asie, en premier lieu la Chine.

Cette croissance rapide de l'économie mondiale s'est accompagnée de certaines tensions qui pourraient en freiner plus ou moins gravement l'élan.

L'année 2004 a ainsi été marquée par une nouvelle hausse des cours du pétrole. Celle-ci, quoique son incidence macroéconomique soit - pour diverses raisons - sans commune mesure avec celle des chocs des années 1970, a pesé négativement sur la confiance des entrepreneurs et des consommateurs.

La principale source d'inquiétude est la persistance et même l'élargissement des déséquilibres extérieurs dans l'économie mondiale, le plus marqué étant celui des États-Unis, dont le déficit de la balance courante (passé à près de 6 % du PIB) a entraîné de nouvelles pressions à la baisse sur le cours du dollar.

Il importe que tous les pays et groupes de pays concernés intensifient leurs efforts pour résorber progressivement ces déséquilibres. Il s'agit pour les États-Unis de réajuster la croissance de leur économie et de relever leur taux d'épargne national, principalement par un programme convaincant de réduction de leur important déficit budgétaire. La Chine et d'autres économies émergentes d'Asie devraient, de leur côté, préparer et mettre en oeuvre un assouplissement de leur politique de change. Quant à la zone euro, dont la monnaie a déjà largement participé à l'adaptation des cours de change, elle doit, ainsi que le Japon, renforcer son potentiel de croissance pour apporter une contribution plus significative au soutien de la demande et de l'activité dans le monde.

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En 2004, la croissance économique s'est également raffermie dans la zone euro. Passée, selon les estimations provisoires, de 0,6 % en 2003 à 1,8 % en 2004, elle demeure cependant modeste au regard des taux enregistrés dans de nombreuses autres régions du monde. L'expansion dans la zone a, au surplus, été principalement entraînée par la demande extérieure.

Si la pression intérieure sur les prix est restée limitée, le net renchérissement de l'énergie, même freiné par la poursuite de l'appréciation de l'euro, a provoqué une certaine hausse de l'inflation, qui a atteint 2,4 % à la fin de 2004 (avec une moyenne de 2,1 % sur l'année). Le Conseil des gouverneurs de la BCE a cependant considéré que, à moyen terme, les perspectives d'inflation demeuraient conformes à sa définition de la stabilité des prix et a maintenu son principal taux d'intérêt au niveau historiquement très bas de 2 %. La politique monétaire a donc apporté son soutien à la reprise conjoncturelle.

En dépit de cette reprise, la détérioration des situations budgétaires s'est poursuivie en 2004 dans plusieurs États de la zone. Dans certains d'entre eux (l'Allemagne, la France, la Grèce), le déficit dépasse 3 % du PIB depuis maintenant plusieurs années.

Le principe fondateur du Pacte de stabilité et de croissance reste cependant valable, à savoir qu'un cadre garantissant une discipline raisonnable dans chacun des États membres est absolument nécessaire dans une union monétaire au sein de laquelle, en l'absence d'union politique, la politique budgétaire demeure de compétence nationale. Et il est également indispensable que ces règles soient claires, compréhensibles par les gens et appliquées à tous les pays sans discrimination.

L'agenda de Lisbonne est un autre pilier important de la construction économique européenne. Malheureusement, dans ce domaine aussi, les réalisations sont jusqu'à présent en-deçà des ambitions affichées. Or, c'est précisément l'insuffisance du dynamisme économique qui explique les prestations relativement médiocres de beaucoup d'économies européennes alors que la concurrence internationale ne faiblit pas. La mise en oeuvre effective et le succès de la stratégie de Lisbonne requièrent des engagements politiques plus précis et une meilleure communication avec les populations concernées sur les buts poursuivis et les résultats obtenus.

2. L'économie belge en 2004

La croissance

Le taux de croissance économique belge (passé de 1,3 % en 2003 à 2,7 % en 2004) a été à nouveau nettement supérieur à la moyenne de la zone euro. Du début de l'année 2002 au 3ème trimestre de 2004, la croissance du PIB s'est élevée à 6,2 % en Belgique contre 3,4 % dans la zone euro.

Pourquoi la croissance est-elle depuis 3 ans plus élevée en Belgique ?

Ce n'est pas à cause de l'exportation. Certes notre économie a, elle aussi, malgré l'appréciation de l'euro, bénéficié de l'expansion de la demande extérieure (avec, en 2004, une belle croissance de nos exportations de 6 % en volume). Mais, sur ce plan, d'autres pays européens, en particulier l'Allemagne, ont fait mieux encore. Les entreprises belges ne sont pas les plus actives sur les marchés (pays émergents, États-Unis) et pour les produits (biens de haute technologie, biens d'équipement) dont la demande a crû le plus fortement et, par rapport à d'autres économies industrialisées, la Belgique a aussi perdu du terrain ces dernières années en termes de compétitivité par les coûts. D'autre part, les importations ayant augmenté un peu plus fortement encore que les exportations, la contribution nette du reste du monde à notre croissance a été, au total, négative.

Le différentiel de croissance en faveur de la Belgique est principalement imputable à la demande intérieure, plus dynamique dans notre pays.

Bénéficiant de conditions de financement favorables, dues au redressement de la rentabilité des sociétés, au bas niveau des taux d'intérêt et à la remontée des cours boursiers, le taux de croissance de l'investissement des entreprises, négatif en 2002 et 2003, est redevenu positif en 2004 (1,5 % en termes réels) alors qu'il a continué à stagner dans la zone.

Mais c'est surtout la dynamique très satisfaisante de la consommation privée (elle a augmenté d'un peu plus de 2 % en volume en 2004 comme en 2003) qui a distingué notre pays de beaucoup d'autres pays européens, dont spécialement l'Allemagne. Cette progression de la consommation des ménages a excédé celle, fort mesurée, de leur revenu disponible réel et est donc liée à un nouveau recul de leur propension à épargner (qui a fléchi de 2,1 points en Belgique en 3 ans alors qu'il est resté stable en moyenne dans la zone et a augmenté en Allemagne et aux Pays-Bas).

Le niveau très élevé de l'épargne des particuliers compensait à une certaine époque la désépargne des pouvoirs publics. Le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette publique, couplés à la mise en oeuvre progressive de la réforme fiscale, incitent sans doute les ménages belges à ajuster le montant de leurs dépenses à des perspectives de revenus nets plus favorables. L'assainissement des finances publiques porte donc des fruits tangibles.

Il est également probable - mais difficile à préciser - qu'en 2004 les capitaux rapatriés dans le cadre de l'amnistie fiscale ou en dehors ont contribué à la bonne tenue des dépenses privées d'investissement et de consommation.

L'emploi

L'amélioration de l'activité ne s'est pas encore complètement répercutée sur l'emploi. En 2004, 31 000 postes de travail supplémentaires auraient cependant déjà été créés, ce qui, compte tenu de la progression de la population active, n'a toutefois pas empêché une augmentation du taux de chômage harmonisé de 8,5 % à la fin de 2003 à environ 9 % à la fin de 2004.

L'inflation

La hausse des prix à la consommation est passée de 1,5 % en 2003 à 1,9 % en 2004 mais la tendance sous-jacente de l'inflation - qui exclut les variations de prix de nature administrative et celles des produits énergétiques et des produits alimentaires non transformés - est revenue de 2 % en 2003 à 1,5 % en 2004. La transmission de la hausse des prix des matières premières est restée limitée et les coûts salariaux ont augmenté modérément (2,6 % par heure; 0,5 % par unité produite).

Les finances publiques

L'année 2004 a aussi été marquée en Belgique par un nouvel équilibre des comptes de l'ensemble des administrations publiques (1), de sorte que, pour la première fois depuis 1982, le ratio de la dette publique est descendu sensiblement sous la barre des 100 % du PIB (95,6 %). La Belgique - le seul pays de la zone euro, avec la Finlande, à ne pas être en déficit - se compare donc plus qu'honorablement à ses partenaires.

Ces résultats favorables ne peuvent cependant inciter à relâcher la vigilance, d'autant que le maintien de l'équilibre budgétaire a bénéficié ces dernières années du produit de mesures non récurrentes (à concurrence de 0,7 % en 2004 contre 1,5 % PIB en 2003) et du niveau exceptionnellement bas des taux d'intérêt. Le solde primaire, quoique toujours le plus élevé dans la zone euro, a d'ailleurs continué à fléchir, de 5,7 % en 2003 à 4,7 % en 2004.

La bourse

Le redressement conjoncturel et l'augmentation des bénéfices de la plupart des entreprises ont alimenté la reprise boursière. En 2004, les actions cotées sur Euronext Bruxelles ont enregistré une hausse moyenne des cours de 36,5 %, un résultat nettement supérieur à celui de la zone euro (10,5 %). Cette forte progression traduit en partie un mouvement de rattrapage par rapport aux réalisations relativement modestes des années précédentes, comme le montrent notamment les ratios cours-bénéfices qui, au début de 2004, étaient encore sensiblement au-dessous de la moyenne européenne. Le poids important des valeurs financières a aussi influencé favorablement l'indice boursier belge.

Les banques

Dans un contexte caractérisé par une accélération de la croissance et la fermeté des cours des actions comme des obligations, les banques belges ont, en effet, enregistré une forte progression de leurs profits en 2004. Les résultats d'intérêts et les revenus de commissions et services ont augmenté tandis que, du côté des dépenses, les provisions pour créances douteuses ont diminué et la croissance des charges d'exploitation a été contenue. Cette rentabilité accrue (le rendement sur fonds propres a dépassé 17 % pour les 9 premiers mois de 2004), combinée au maintien du coefficient de solvabilité à un niveau élevé (12 %), renforce la solidité du secteur financier belge.

3. Perspectives et défis

Après la bonne performance de 2004, la Belgique est-elle capable d'enregistrer durablement un taux de croissance relativement élevé?

Le taux d'épargne des ménages, descendu à 15,4 % de leur revenu disponible, est toujours sensiblement supérieur à la moyenne de la zone euro (10,6 %). Il pourrait encore baisser si la confiance- en particulier envers les finances publiques - se renforce. Mais la persistance d'un écart de croissance favorable à la Belgique est peu probable si elle ne se fonde pas sur un potentiel de croissance plus élevé.

Or, la croissance potentielle - définie comme la croissance qui, compte tenu des disponibilités en facteurs de production (travail et capital) et des gains de productivité, peut être réalisée durablement sans générer de déséquilibres, notamment inflationnistes - ne dépasse guère 2 % en Belgique (ce qui correspond à la moyenne de la zone euro). Et elle pourrait encore être grevée dans les décennies à venir par le vieillissement de la population qui, outre des charges supplémentaires pour les finances publiques, implique une contraction de l'offre potentielle de travail. On peut en effet s'attendre à ce que la population en âge de travailler diminue de plus de 200 000 unités d'ici 2030, et le nombre de personnes occupées de quelque 300 000 si les conditions, préférences et tendances socio-démographiques actuelles en matière de participation au travail demeurent inchangées.

Assez paradoxalement, nos faiblesses actuelles, - la modicité relative du taux d'activité de la population et le niveau encore élevé de l'endettement public - offrent à la Belgique d'importantes marges de manoeuvre.

Pour soutenir et accroître la croissance, et pour répondre aux deux défis majeurs du vieillissement et de la mondialisation, les réponses sont claires :

  • poursuivre sans relâche la réduction de la dette publique
  • renforcer qualitativement et quantitativement l'offre effective de travail et l'emploi
  • et aussi stimuler plus encore l'esprit d'entreprise, la recherche, les investissements innovateurs.
Garantir des finances publiques saines

Les finances publiques vont être progressivement confrontées aux charges liées à l'augmentation des droits en matière de retraite et des besoins en soins de santé d'une population vieillissante (2).

Dans ce contexte, le Conseil supérieur des Finances a recommandé de constituer des surplus budgétaires structurels et de les porter progressivement à 1,5 % du PIB d'ici 2011. Ce niveau devrait être maintenu jusqu'en 2018. De cette manière, les finances publiques bénéficieraient d'une double marge qui permettrait de couvrir le coût du vieillissement, découlant, d'une part, de la réduction des charges d'intérêts associée à la fonte de la dette publique, d'autre part, de la disparition progressive après 2018 du surplus budgétaire. Il serait aussi possible de la sorte d'alimenter régulièrement le Fonds de vieillissement alors que les avoirs constitués à ce jour proviennent presque exclusivement de recettes non récurrentes.

Dans le programme de stabilité de décembre 2004, le gouvernement s'est fixé comme objectif, après le maintien de l'équilibre en 2005 et 2006, de constituer un excédent de 0,3 % du PIB en 2007, et de le porter à 0,6 % en 2008. Le respect de cette trajectoire, pourtant moins ambitieuse que celle envisagée précédamment, exigera une stricte discipline et aussi une coordination étroite entre les différents niveaux de pouvoir.

Compte tenu de mesures déjà décidées qui pèseront plus sur les finances publiques à partir de 2006, les moyens qui seront nécessaires pour faire face aux évolutions imprévues, tel le récent dépassement de l'enveloppe des soins de santé, ou à une hausse des taux d'intérêt, voire pour financer de nouvelles réductions des prélèvements ou des dépenses supplémentaires, devront donc provenir soit de compensations à l'intérieur du budget, soit d'un renforcement de la croissance économique tendancielle.

Augmenter les taux d'activité et d'emploi

Le maintien et a fortiori le renforcement du potentiel de croissance n'est possible que s'il existe une offre suffisante et appropriée de main-d'oeuvre. C'est sur ce point que les résultats de la Belgique sont faibles: sur 100 personnes en âge de travailler, 64 participaient au marché du travail en Belgique en 2003, et 59 avaient effectivement un emploi, contre respectivement 70 et un peu plus de 64 dans l'UE 15. Seules la Grèce et l'Italie ont des résultats plus faibles encore. En revanche, les pays scandinaves combinent des taux d'activité et d'emploi élevés; leur exemple confirme que les taux d'activité plus élevés des travailleurs âgés et des femmes ne nuisent pas à l'emploi des autres catégories (en particulier les jeunes).

D'autres variables, tels la durée moyenne de la carrière et le nombre moyen d'heures travaillées par an, fournissent des indications complémentaires sur l'offre de travail. D'après des données établies par l'OCDE, la carrière moyenne des travailleurs masculins en Belgique était d'environ 36,6 ans en 2000, la plus courte de la zone euro (moyenne: 40,2 ans) et de l'UE 15 (41,1 ans). En ce qui concerne la durée annuelle effective moyenne du travail, les séries de l'OCDE indiquent qu'elle était un peu moins élevée en Belgique, avec un décalage qui est toutefois beaucoup plus faible que pour les autres variables. Le temps de travail annuel moyen était de 1 542 heures en 2003, contre 1 549 heures dans la zone euro et 1 570 heures dans l'UE 15 (en la matière, la Belgique devance ses trois principaux voisins).

Les mesures visant à accroître la participation au travail doivent être axées en premier lieu sur la population en chômage par

  • la formation et l'accompagnement des demandeurs d'emploi peu qualifiés (qui constituent la plus grande partie des chômeurs de longue durée);
  • l'élimination des "pièges à l'emploi" qui subsistent (l'écart trop faible dans certains cas entre les salaires nets et les allocations de chômage);
  • un contrôle plus strict de la disponibilité effective pour le marché du travail (à mesure que les pouvoirs publics intensifient leurs efforts d'accompagnement et de réinsertion des chômeurs)
  • une politique active d'égalité des chances (pour compenser la position de faiblesse des minorités ethniques sur le marché du travail et faciliter la participation des femmes).

D'autre part, comme la Banque nationale l'a souligné depuis longtemps, et comme nul ne peut plus l'ignorer aujourd'hui, le bas taux d'activité en Belgique concerne particulièrement les personnes de 55 à 65 ans. La Banque nationale espère que la concertation annoncée pour bientôt entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur la problématique des fins de carrière permettra d'améliorer progressivement mais sensiblement cette situation.

Enfin, la maîtrise de l'évolution des coûts salariaux n'est pas importante seulement du point de vue de la concurrence internationale, elle l'est aussi pour assurer que le contenu en emplois de la croissance soit satisfaisant.

Stimuler l'innovation et l'esprit d'entreprise

En comparaison des États-Unis, le profil de croissance de l'Europe, et particulièrement de la Belgique, est caractérisé depuis longtemps par une moindre utilisation de main-d'oeuvre. Ce handicap a longtemps été contrebalancé par de plus fortes hausses de la productivité (par heure travaillée), avec une importante substitution du travail par le capital. Depuis le milieu des années 1990, la productivité progresse cependant plus vite aux États-Unis qu'en Europe.

Cette évolution s'explique en partie par la modération salariale et les réformes du marché du travail qui ont été introduites dans l'UE afin de favoriser l'intensité en emploi de la croissance. De nombreuses analyses montrent cependant que le retard grandissant de l'Europe en matière de productivité a des causes plus profondes et est d'abord lié à une capacité moindre qu'aux États-Unis, dans la plupart des pays de l'UE - il existe en effet des exceptions notables -, à repousser les limites technologiques et, en raison notamment de rigidités dans les divers marchés, à tirer profit des possibilités offertes par la mise en oeuvre et la diffusion de nouvelles techniques, en particulier dans le domaine de l'information et de la communication.

La stimulation de l'innovation est nécessaire, non seulement pour accroître la productivité, mais aussi, compte tenu de la concurrence exercée par de nouveaux acteurs sur le marché mondial, orienter notre structure de production vers les biens et services où nous pourrons faire valoir un avantage comparatif.

Même si la part directe de l'industrie au sens strict dans la valeur ajoutée totale et l'emploi a régressé ces trente dernières années, ce secteur continue à jouer un rôle-clé dans l'économie du pays. Il assure la majeure partie du substantiel excédent de la Belgique avec le reste du monde et consent plus de 80% des dépenses en R & D des entreprises. En outre, par le biais de spin-offs et de la sous-traitance, l'industrie génère de plus en plus d'emplois dans le secteur des services, essentiellement dans la branche des services aux entreprises.

Compte tenu des synergies croisantes entre l'industrie et les services, la Belgique, plus encore que d'autres pays, a besoin d'une stratégie large, transsectorielle, qui encourage les investissements innovateurs, ainsi que la commercialisation de biens et services de haute technologie, et qui fournisse des incitations optimales à la recherche et au développement, auxquels, selon les objectifs de Lisbonne, 3 % du PIB devraient être consacrés en 2010.

Pour poursuivre le développement d'une telle politique d'innovation, les pouvoirs publics pourront sans doute tirer les enseignements du succès d'autres pays, tels que la Finlande et l'Irlande, mais il est certain qu'un environnement favorable à l'innovation ne peut s'épanouir que dans une société qui encourage l'esprit d'entreprise et l'initiative.

Un système éducatif performant constitue aussi une condition impérative. D'après des enquêtes internationales, il est encore possible d'améliorer l'efficacité de nos systèmes d'enseignement, singulièrement l'enseignement secondaire en communauté française.

En dehors du secteur marchand, il existe un gisement de croissance, comme le montre l'exemple d'autres pays, dans la santé, les services aux personnes, l'enseignement et la culture. Ces dernières années, le nombre de postes de travail a déjà sensiblement augmenté dans ce domaine. Sous l'effet de facteurs économiques, démographiques et sociaux, la demande de services personnels de ce type s'accroîtra sans doute encore davantage dans le futur. Toutefois, leur offre est largement tributaire des subventions publiques. La poursuite de son développement sera donc déterminée par la capacité des autorités à prévoir un financement adéquat, sans mettre en péril la soutenabilité des finances publiques. Il faut donc que le secteur marchand parvienne, grâce à sa compétitivité, à créer l'assise nécessaire à cet effet, la mise en oeuvre de méthodes de gestion plus efficaces et de mesures de réduction des coûts dans le non-marchand peut également y contribuer.

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L'accélération en cours de l'intégration économique internationale - dont l'émergence de la Chine et l'intégration de l'Europe centrale à l'UE sont les manifestations les plus marquantes - crée autant d'opportunités que de menaces. Cette pression concurrentielle accrue met en danger certaines de nos activités traditionnelles et contraint à ce que Schumpeter appelait un processus de "destruction créatrice". Simultanément de nouveaux débouchés s'ouvrent à nos entreprises exportatrices tandis que les importations de produits meilleur marché libèrent du pouvoir d'achat qui peut être consacré à d'autres biens et services. La direction dans laquelle penchera en définitive la balance des menaces et des opportunités sera déterminée par la capacité d'adaptation et le dynamisme de tous les acteurs de notre économie: entreprises, travailleurs et pouvoirs publics.

1 Après la clôture du Rapport de la Banque nationale (le 02.02), le solde budgétaire a été réévalué à +0,1%, suite aux recettes meilleures que prévues de la D.L.U.
2Pour une présentation et des commentaires sur le rapport du Comité d'étude sur le vieillissement, voir le § 42 et l'encadré n° 14 du Rapport de la Banque nationale.

Consultez le rapport annuel 2004 de la Banque nationale